Sans surprise, le signal envoyé par le chef de l’armée algérienne – en faveur du retrait de Bouteflika du pouvoir – accélère les défections parmi les soutiens traditionnels du président.

Alors que la mobilisation sur les réseaux sociaux bat son plein pour la tenue d’un sixième vendredi de manifestations demandant le « départ » du régime, une lutte à distance se déroule entre le chef de l’armée algérienne et le clan présidentiel.

Le Conseil constitutionnel n’avait en effet pas encore réagi, jeudi 28 mars à l’aube, à la « suggestion » faite la veille par le chef de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, de recourir à l’article 102 de la Constitution, prévoyant l’empêchement du chef de l’Etat pour incapacité à exercer ses fonctions. Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’armée algérienne lâche Bouteflika

Dirigée par Tayeb Belaïz, un membre du premier cercle du président Bouteflika, l’institution est la seule légalement habilitée à enclencher la procédure, qui doit, en outre, être validée par l’ensemble de ses douze membres.

Des médias algériens assurent que le général Gaïd Salah, pendant longtemps le plus puissant soutien à un cinquième mandat de M. Bouteflika, n’a pas informé l’entourage du président qu’il allait demander la mise en œuvre de l’article 102.

Si le Conseil constitutionnel reste muet, le général Gaïd Salah a encore parlé. Il a assuré, mercredi, que l’armée « [saurait], en temps opportun, privilégier l’intérêt de la patrie sur tous les autres intérêts ». Face aux critiques venues de l’opposition qui voit dans le recours à l’article 102, un « coup d’Etat » contre le mouvement populaire pour sauver le régime, M. Gaïd Salah a affirmé que l’armée « n’[avait] pas dévié de ses missions constitutionnelles et [qu’elle] ne le [ferait] pas ».

Sans surprise, le signal envoyé par le chef de l’armée accélère les défections parmi les soutiens traditionnels du président Boute­flika. Ahmed Gaïd Salah a ainsi ­rapidement reçu l’appui du Rassemblement national démocratique (RND) que dirige le très impopulaire ancien premier ministre, Ahmed Ouyahia.

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