Le régime d’Omar el-Béchir a été renversé ce jeudi matin au Soudan sous les coups des manifestants occupant le pavé de Khartoum et surtout de l’armée. Il vient de démissionner. 

Après trois décennies, c’en est fini du pouvoir personnel d’Omar el-Béchir au Soudan. Une révolution, née de la fureur de voir le prix du pain tripler le 19 décembre par la volonté de l’exécutif, a eu raison de l’autocrate et de son gouvernement.

Le dictateur a annoncé sa démission ce jeudi matin, destitué par l’armée qui l’a placé en détention. Dans la foulée, les médias publics ont signalé que les prisonniers politiques étaient libérés. Des manifestants ont mené par ailleurs un raid dans un bâtiment du puissant service de renseignement NISS à Kassala, une grande ville de l’est du Soudan, près de la frontière érythréenne, ont indiqué des témoins.

L’armée soudanaise avait promis plus tôt ce jeudi une « déclaration importante bientôt », déclenchant de nouvelles scènes de liesse devant le quartier général des militaires à Khartoum, où des milliers de manifestants réclament depuis des jours le départ d’Omar el-Béchir. La TV nationale avait alors interrompu ses programmes pour diffuser en boucle des chants patriotiques et militaires. « Importante annonce des forces armées sous peu », pouvait-on lire sur un bandeau figé en bas de l’écran. 

49 morts depuis le début du mouvement

Les habitants de la capitale soudanaise avaient été appelés au préalable à rejoindre massivement cette foule réunie pour le sixième jour consécutif devant le siège de l’armée, qui abrite aussi le ministère de la Défense et la résidence officielle du président Béchir, ont fait savoir les organisateurs de la contestation.
    
L’armée est déployée dans de nombreuses rues de la capitale, ainsi que des membres du groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide. Les manifestants ont constamment demandé à l’armée de les rallier depuis le début du mouvement. S’ils ont d’abord été reçus par des opérations de dispersion, les forces de l’ordre et l’armée les ont laissés faire mercredi, premier signe tangible de la fragilité du régime.

Un « conseil militaire de transition »

Mercredi soir, le parti du Congrès national (NCP) du président Béchir a reporté sine die un rassemblement de soutien au chef de l’Etat prévu jeudi à Khartoum. Avant que les événements prennent cette tournure plus favorable pour les manifestants, 49 personnes sont mortes dans des violences liées à la contestation depuis que ces rassemblements ont commencé en décembre, d’après des sources officielles.

Un « conseil militaire de transition » va succéder à Omar el-Béchir pour deux ans, a affirmé ce jeudi le ministre de la Défense sur la télévision d’Etat. Le responsable a par ailleurs précisé que les frontières et l’espace aérien resteraient fermés jusqu’à nouvel ordre.

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